💡 Ce que personne ne te dit sur Cuba à vélo
- Les “amarillos” sont tes meilleurs alliés : Ces agents en uniforme jaune postés aux sorties des villes organisent le covoiturage officiel pour les Cubains. Peu de cyclistes étrangers le savent, mais si tu crèves un pneu ou que tu es épuisé à 40 km de nulle part, ils peuvent t’aider à monter ton vélo dans un camion ou une voiture de passage. Approche-les avec le sourire, quelques mots d’espagnol et parfois un CUC (ou son équivalent en pesos cubains depuis la réforme monétaire) — tu seras surpris de leur générosité.
- La “libreta” peut te sauver la mise dans les villages reculés : Dans les petites communautés rurales de Sancti Spíritus ou de la Sierra del Escambray, les familles reçoivent encore des rations alimentaires via le carnet de rationnement d’État. Si tu loges chez l’habitant (casa particular non enregistrée), on te nourrira souvent avec ces produits de base — riz, haricots noirs, œufs. C’est authentique, nourrissant et coûte parfois seulement 2 à 3 USD. Ne refuse jamais : c’est un honneur qu’on te fait.
- Roule tôt, très tôt — avant 7h c’est magique : Entre Trinidad et Sancti Spíritus, les paysans partent aux champs à dos de cheval dès l’aube. Si tu pédales avant 7h, tu traverses une Cuba hors du temps : brume matinale sur les mogotes, odeur de café torréfié qui s’échappe des maisons, et zéro touriste sur la route. En bonus, la chaleur cubaine (souvent 35°C à 13h) est encore supportable. Les locaux eux-mêmes font la sieste entre 12h et 15h — fais pareil, c’est du bon sens tropical.
- Les poncturiers improvisés sont partout… si tu sais les chercher : Oublie les boutiques de vélo telles qu’on les connaît. À Cuba, le réparateur de chambres à air s’appelle le “ponchero” et il opère souvent depuis le seuil de sa maison, signalé par un simple morceau de pneu accroché à la porte ou à un arbre. À Camagüey, Ciego de Ávila ou Holguín, demande autour de toi “¿Dónde hay un ponchero?” — tu le trouveras en moins de dix minutes. Prix habituel : 10 à 20 pesos cubains, soit quelques centimes d’euro.
❌ Les erreurs classiques à Cuba à vélo
- Partir sans pièces de rechange adaptées : Cuba n’est pas le Vietnam. Trouver une chambre à air de 700x35c ou un câble de dérailleur Shimano à La Havane relève du miracle. Les vélos locaux tournent encore en 26 pouces soviétiques. Solution : Emporte deux chambres à air neuves, un kit de rustines, une chaîne de rechange, deux câbles (frein + vitesse) et une cassette compatible. Tout ça pèse moins de 500g et peut te sauver un tour entier.
- Sous-estimer la Carretera Central : Beaucoup de cyclistes la choisissent parce qu’elle est “directe”. Certes, mais entre Santa Clara et Camagüey, tu avaleras 300 km de bitume plat, venté et sans ombre, avec des camions soviétiques qui te frôlent. Solution : Préfère les routes secondaires comme la C-223 entre Trinidad et Sancti Spíritus, ou la route côtière entre Baracoa et Moa — spectaculaires et quasi désertes.
- Changer ses euros dans les hôtels : Depuis l’unification monétaire de 2021, les taux varient considérablement selon où tu changes. Les hôtels d’État pratiquent souvent les pires taux. Solution : Change une petite somme à l’arrivée pour tenir 24h, puis renseigne-toi discrètement auprès de ta casa particular — les hôtes connaissent toujours les meilleurs taux du marché informel local.
- Négliger l’hydratation par fierté : On voit régulièrement des cyclistes expérimentés fondre sur la route de Viñales à Pinar del Río parce qu’ils n’ont pas voulu s’arrêter “pour si peu”. La chaleur cubaine combinée à l’humidité est traîtresse. Solution : Minimum 1 litre d’eau toutes les heures de selle. Les “agropecuarios” (marchés agricoles) en bord de route vendent des noix de coco fraîches pour 5 pesos — hydratation et électrolytes naturels en une seule fois.
- Ignorer les casas particulares non listées sur Booking : Les plateformes n’affichent qu’une fraction des hébergements disponibles. En zone rurale, des dizaines de familles accueillent des cyclistes sans être référencées en ligne — et ce sont souvent les meilleures expériences. Solution : Demande à ton hôte du soir de te recommander une famille dans la prochaine ville. Ce réseau oral fonctionne parfaitement et tu payeras 15 à 25 USD la nuit avec dîner inclus, contre 40 USD sur les apps.
❤️ Notre coup de cœur local
Entre Remedios et Caibarién, sur la côte nord de la province de Villa Clara, se cache un archipel que 95% des cyclistes traversant Cuba n’atteignent jamais : le Cayerías del Norte, accessible via le Pedraplén — une chaussée de 48 km construite à travers la mer par des brigades de volontaires dans les années 1980. Pédaler sur cette langue d’asphalte posée sur l’eau, avec l’océan turquoise de chaque côté et des pélicans qui plongent à quelques mètres de tes roues, est une expérience proprement irréelle. À mi-chemin, arrête-toi au village de pêcheurs de La Boca del Guaná — trois maisons, un vieux monsieur qui répare ses filets et, si tu arrives vers 11h, la possibilité d’acheter du langouste fraîchement pêchée pour l’équivalent de 4 à 5 USD. Il n’y a pas de restaurant, pas d’enseigne, pas de touriste. Tu t’assoies sur un muret, les pieds dans le sable, et tu manges la langouste grillée sur un réchaud à gaz que la famille sort spécialement pour toi. C’est le genre de moment dont on parle encore dix ans après, attablé à raconter Cuba à des amis incrédules.
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